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RDC/ POLITIQUE : Le Front Anti-Dialogue s’oppose fermement à toute initiative de dialogue national et appelle à la défense de l’ordre constitutionnel

Alors qu’une réunion s’est tenue ce jour dans la capitale congolaise entre les Pères Spirituels et responsables des confessions religieuses autour de l’idée d’un dialogue national, une voix discordante s’est fait entendre. Le Front Anti-Dialogue, par la voix de son porte-parole Héritier Ekoto Isasi, a publié une déclaration forte, dénonçant ce qu’il qualifie de tentative de « capitulation nationale » et de « trahison morale ».

Dans son communiqué, le Front Anti-Dialogue affirme respecter la liberté d’opinion des leaders religieux, mais s’insurge contre leur proposition d’un dialogue national, dans un contexte de guerre prolongée et d’agressions extérieures. « Proposer un dialogue alors que le pays est sous agression depuis plus de 30 ans est une faute grave », peut-on lire dans la déclaration. Le Front rappelle que cette guerre a coûté la vie à plus de 15 millions de Congolais et dénonce une initiative qui, selon lui, envoie un signal de faiblesse à ceux qui continuent de menacer la souveraineté du pays.

Le Front Anti-Dialogue critique également les différentes étapes de la feuille de route présentée par les promoteurs du dialogue :

  • La création des conditions pour un dialogue inclusif est perçue comme une « insulte à nos morts », mettant sur le même plan les institutions légitimes et les groupes armés.
  • Le dialogue des experts est rejeté au motif qu’il serait conduit par des personnalités « sans mandat populaire » et sans légitimité démocratique.
  • La perspective d’un dialogue politique est décrite comme une ligne rouge franchie, une tentative de légitimer les acteurs armés en violation de la Constitution congolaise, notamment l’article 64 qui criminalise toute tentative de renversement de l’ordre constitutionnel.

Le Front soulève trois questions clés à l’attention des partisans du dialogue :

  1. Le Rwanda bombarde-t-il le Congo à cause d’un manque de cohésion nationale ?
  2. Le M23 est-il armé à cause de divisions internes congolaises ?
  3. Le pillage des ressources du Kivu est-il la conséquence d’un déficit d’unité nationale ?

Pour le Front Anti-Dialogue, la réponse est claire : l’agression est extérieure, planifiée, et documentée. Aucun compromis interne, selon eux, ne pourra enrayer une guerre orchestrée depuis l’extérieur.

En conclusion, le Front Anti-Dialogue :

  1. Appelle le Président de la République à rejeter toute tentative de dialogue et à défendre sans faille l’ordre constitutionnel ;
  2. Exhorte le peuple congolais à l’unité et à la résistance, conformément à l’article 63 de la Constitution qui appelle chaque citoyen à défendre l’intégrité du territoire national ;
  3. Invite les promoteurs du dialogue à se préparer aux élections de 2028, sans chercher à obtenir un pouvoir par des voies détournées ;
  4. Demande aux responsables religieux de se recentrer sur leur mission spirituelle, celle de prier pour la paix et non de cautionner des compromis politiques avec les « ennemis de la Nation ».

Cette prise de position du Front Anti-Dialogue reflète une fracture profonde au sein de la société congolaise sur la manière de gérer la crise sécuritaire et politique. Tandis que certains appellent à un dialogue national pour apaiser les tensions, d’autres y voient une menace pour la souveraineté du pays et l’expression démocratique du peuple congolais.

À moins de trois ans des prochaines élections générales prévues en 2028, la RDC entre dans une phase politique cruciale, où chaque initiative sera scrutée à la loupe par une opinion publique de plus en plus vigilante.

La rédaction

 

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