Chargement en cours

A LA UNE

RDC/ SOCIÉTÉ : 100 jours après les Accords de Washington, la société civile appelle à des actions concrètes pour la paix

Cent jours après la signature des Accords de Washington, la société civile congolaise dresse un bilan mitigé de la mise en œuvre de ces engagements censés ouvrir la voie à une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans un communiqué publié ce 14 mars 2026 à Kinshasa, portant la signature de Maître Patient Bashombe Matabishi, modérateur principal du Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC, une plateforme regroupant plus de 235 organisations de la société civile, reconnaît que ces accords constituent une opportunité importante pour restaurer la sécurité des populations et stabiliser durablement les provinces de l’Est du pays.

Cependant, la plateforme exprime de vives préoccupations face à la situation qui prévaut encore sur le terrain. Selon elle, la présence persistante de l’armée rwandaise sur le territoire congolais ainsi que l’occupation de certaines zones par les rebelles de l’AFC/M23 continuent d’alimenter l’insécurité et la peur au sein des populations civiles.

La société civile affirme que dans plusieurs localités sous contrôle de ces groupes armés, des cas de violations des droits humains, d’intimidations, de déplacements forcés et d’autres abus sont régulièrement signalés. Une situation qui, selon elle, suscite incompréhension et indignation parmi les Congolais qui espéraient un retour rapide et concret de la paix après la signature des Accords de Washington.

Le Comité de Crise rappelle que plusieurs engagements essentiels restent encore non exécutés ou appliqués de manière insuffisante. Il s’agit notamment de la cessation effective des hostilités, du retrait des forces étrangères du territoire congolais, de la fin de l’occupation de certaines zones par des groupes armés et de l’avancement du processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion Communautaire et Stabilisation (PDDRCS).

À ce sujet, la société civile insiste sur la nécessité pour l’armée rwandaise de quitter le territoire de la RDC dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Elle appelle également les rebelles de l’AFC/M23 à abandonner la voie des armes et à intégrer le processus national de désarmement et de réinsertion.

Par ailleurs, la plateforme souligne que la justice pour les victimes des crimes commis dans l’Est du pays doit rester au cœur du processus de paix. Les populations affectées par les massacres, les violences sexuelles, les déplacements forcés et la destruction de leurs moyens de subsistance attendent toujours vérité, justice et réparations.

Dans le but de contribuer à un suivi citoyen du processus, le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC annonce la mise en place d’une Commission de veille et de suivi de la mise en œuvre des Accords de Washington.

Cette commission réunira des organisations communautaires, des associations de femmes et de jeunes, des mouvements citoyens, des parlementaires, des syndicalistes, des juristes ainsi que des personnalités indépendantes de la société civile. Sa mission sera d’observer l’évolution de la situation sur le terrain, de suivre les engagements pris et de formuler des recommandations pour renforcer l’application effective des accords.

Enfin, la société civile congolaise réaffirme sa disponibilité à travailler avec le gouvernement de la République démocratique du Congo, les États-Unis d’Amérique ainsi que les partenaires internationaux afin de soutenir les efforts visant la consolidation d’une paix durable.

Cent jours après les Accords de Washington, la société civile assure qu’elle restera mobilisée et vigilante pour que les engagements pris se traduisent rapidement par des résultats concrets pour les populations.

La rédaction de Mashariki RDC

Partageons sur nos réseaux sociaux

VOUS LES AVEZ PEUT-ÊTRE RATÉS