RDC/ POLITIQUE : Le Docteur Henri ZIGABE soutient la révision ou le changement de la constitution pour l’intérêt du peuple (TRIBUNE)
Par Dr ZIGABE BIGIRINAMA Henri ISAAC, CN/UNPE/ONGD, CS/ODA; Penseur Libre, Analyste Politique, Médecin Traitant et Master Coach
Ce texte pose une réflexion particulièrement profonde sur ce que de nombreux intellectuels et juristes congolais appellent le « péché originel » de l’État congolais : sa naissance à Berlin en 1885, dictée par des puissances extérieures, et le mimétisme juridique qui en a découlé.
L’analyse attribuée au Dr Henri Zigabe sur la pensée du Professeur Banza Malale met en lumière le cœur du débat actuel autour de la révision ou du changement de la Constitution de la Troisième République en RDC.
Voici une mise en perspective de cette vision d’un retour à l’authenticité juridique et des raisons qui poussent vers cette rupture :
1. Briser le mimétisme constitutionnel
La Constitution de 2006 (qui régit la Troisième République) est souvent critiquée par les souverainistes pour être le produit d’un compromis politique post-conflit (issu de l’Accord global et inclusif de Sun City), fortement influencé par des modèles occidentaux (notamment le constitutionnalisme français de la Vème République).
Plaider pour le changement de la Constitution, selon la grille de lecture du Professeur Banza Malale, c’est vouloir :
Adapter les institutions aux réalités sociologiques : Créer des structures de gouvernance qui résonnent avec la culture, les structures traditionnelles et la psychologie collective congolaise, plutôt que de calquer un modèle de démocratie libérale occidentale parfois déconnecté des réalités du terrain.
Simplifier l’architecture de l’État : Le modèle actuel (notamment le découpage provincial et le fonctionnement des institutions) est budgétivore et lourd pour un État en reconstruction.
2. Corriger l’inadéquation du régime politique
Le régime semi-présidentiel (ou semi-parlementaire) actuel crée parfois des dualismes au sommet de l’Exécutif (entre le Président de la République et le Premier ministre, émanation de la majorité parlementaire).
Pour les partisans d’une réforme profonde, ce modèle peut être source de blocages institutionnels ou d’instabilité.
L’authenticité juridique ou la refondation de l’État pourrait tendre vers un régime qui consacre plus clairement la vision du leadership, tout en garantissant des contre-pouvoirs adaptés et efficaces pour le contrôle des ressources et la protection des citoyens.
3. Affirmation de la Souveraineté face au « Péché de Berlin«
Comme le rappelle fort bien le texte, la RDC a été conçue juridiquement à l’extérieur avant d’exister à l’intérieur. Changer de Constitution de manière totalement autonome — sans interférence, injonction ou facilitation internationale — est perçu comme l’acte ultime de décolonisation de l’esprit et du droit.
C’est substituer à la légitimité « héritée » une légitimité purement « autochtone ».
Le grand défi : Toute la complexité de cette démarche réside dans l’équilibre à trouver. Comment bâtir un droit « typiquement congolais et authentique » tout en restant un État moderne, intégré dans le concert des nations et respectueux des droits fondamentaux universels ?
C’est le grand chantier intellectuel et politique de la génération actuelle en RDC.
La rédaction de Mashariki RDC


