RDC/ SOCIÉTÉ : Plus Jamais la Kalachnikov comme Ticket pour le pouvoir ( TRIBUNE)
Quand le discours de Tshisekedi rejoint la vision de Trésor Mutiki
TRIBUNE DE NATINE K.
Depuis septembre 2025, le député national Trésor Mutiki, élu de Mwenga au Sud-Kivu, porte une proposition de loi visant à empêcher l’intégration des anciens animateurs des mouvements insurrectionnels au sein des institutions et des services de sécurité.
Son principe est simple : prendre les armes contre la République ne doit plus être un raccourci vers le pouvoir.
Le 27 août 2026, en annonçant le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, le président Félix Tshisekedi a défendu une philosophie qui rejoint largement cette vision : aucune conquête militaire ne peut devenir une légitimité politique et aucune arme ne doit donner plus de droits que le suffrage populaire.
Pendant des décennies, la RDC a souvent répondu aux rébellions par des brassages, des intégrations et des arrangements politiques. Cette pratique a entretenu l’idée dangereuse qu’il suffisait de prendre les armes pour finir autour de la table du pouvoir.
Il est temps d’y mettre fin.
La paix, oui. L’impunité, non. Le dialogue, oui. La récompense de la rébellion, non.
La justice doit précéder toute réinsertion véritable, notamment pour les auteurs des crimes les plus graves. Les victimes, quant à elles, doivent être entendues, reconnues et réparées.
La proposition de loi Mutiki prend ainsi une résonance nouvelle : elle cherche à inscrire dans le droit ce que le discours présidentiel affirme désormais sur le plan politique.
La RDC doit changer de paradigme : on peut déposer les armes pour retrouver sa place dans la société, mais on ne doit plus prendre les armes pour obtenir une place dans l’État.
Plus jamais la kalachnikov comme ticket pour le pouvoir.
Plus jamais l’amnésie comme prix de la paix.
NATINE K.


