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BUKAVU/ SOCIÉTÉ : Est de la RDC : la société civile du Sud-Kivu plaide pour le respect du cessez-le-feu et pour l’ouverture du dialogue gage de la cohésion nationale

Le Cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu, aux côtés des confessions religieuses, a lancé le 11 novembre 2025 une campagne citoyenne pour la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette initiative vise à mobiliser l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux autour d’un agenda social prenant en compte les besoins réels des populations affectées par les conflits armés.

Ces déclarations ont été faites par Mick Mutiki, qui s’exprimait au nom du Cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu.
Selon lui, cette campagne a pour objectif de sensibiliser et mobiliser les différentes parties prenantes afin d’intégrer les préoccupations des communautés dans les processus de recherche de la paix, notamment ceux engagés à Luanda, Washington et Doha. Elle vise également à renforcer le plaidoyer auprès de la communauté internationale pour soutenir la tenue d’un dialogue national inclusif, considéré comme une étape essentielle pour s’attaquer aux causes profondes des conflits armés qui secouent l’Est du pays depuis plus de trois décennies.

Dans cette dynamique, la société civile insiste sur la nécessité d’impliquer activement les leaders sociaux, religieux, communautaires et tribaux ainsi que les chefs coutumiers dans les processus de paix en cours. Leur participation est jugée indispensable pour construire une paix durable et inclusive.

Les initiateurs de la campagne saluent par ailleurs les efforts diplomatiques entrepris par certains partenaires internationaux, notamment les États-Unis et le Qatar, qui ont réussi à réunir autour d’une même table les dirigeants de la RDC et du Rwanda, ainsi que les représentants du mouvement AFC/M23 et du gouvernement congolais. Ces démarches ont permis la signature d’accords de principe et d’initiatives visant à favoriser un retour progressif à la paix.

Cependant, la société civile déplore la mauvaise foi observée dans la mise en œuvre du cessez-le-feu ainsi que l’absence d’un mécanisme international efficace chargé d’en assurer le suivi. Cette situation aurait déjà causé plusieurs victimes parmi les populations civiles vivant en dehors des lignes de front, avec des actes qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Face à cette situation, la population se sent de plus en plus abandonnée, estimant que la communauté internationale pourrait détourner son attention du sort des Congolais. Néanmoins, la récente mort d’une agente humanitaire travaillant pour l’UNICEF, Karine Buisset, ainsi que celle de deux Congolais lors d’une frappe dans l’Est du pays, doit selon la société civile servir d’alerte pour la communauté internationale.

Ils estiment que ce drame doit pousser les acteurs internationaux à renforcer la responsabilisation politique et diplomatique face aux violations répétées du cessez-le-feu et aux attaques visant des civils et des travailleurs humanitaires présents sur le terrain pour venir en aide aux populations vulnérables.
Par ailleurs, la société civile du Sud-Kivu déplore ce qu’elle considère comme une réticence ou un manque de volonté politique pour promouvoir une dynamique interne de paix à travers un dialogue inclusif.

À cet effet, elle appelle les institutions de la RDC à mesurer les conséquences politiques, diplomatiques et sécuritaires liées à toute violation du cessez-le-feu et à privilégier une approche favorisant la paix et la cohésion nationale. Elle recommande également de remplacer les discours belliqueux par des messages de paix et d’apaisement susceptibles de rassurer la population sur l’avènement d’une paix durable.

Le Cadre de concertation invite aussi l’AFC/M23 à prendre les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité des populations congolaises et des étrangers vivant dans les zones sous son contrôle.

Enfin, la société civile appelle la communauté internationale — notamment les États-Unis, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Union africaine, l’Union européenne et la SADC — à ne ménager aucun effort afin d’accompagner la RDC dans une dynamique de paix interne devant aboutir, en urgence, à un dialogue inclusif capable de s’attaquer aux causes profondes des conflits armés qui perdurent dans l’Est du pays.

La rédaction de Mashariki RDC

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