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KINSHASA/ SÉCURITÉ : NGABO Mugerangabo Grâce lance un appel citoyen pour l’interdiction des feux d’artifice en période de vulnérabilité sécuritaire

À l’approche des festivités de fin d’année, une voix citoyenne s’élève pour alerter les autorités sur un enjeu souvent négligé de la sécurité urbaine : l’impact psychologique et sécuritaire des feux d’artifice dans un contexte marqué par les conflits armés.

Dans une lettre ouverte adressée au Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Ngabo Grace, citoyenne congolaise originaire de l’Est de la République Démocratique du Congo, appelle à l’interdiction formelle de l’usage des feux d’artifice dans la ville de Kinshasa.

Selon elle, la capitale accueille aujourd’hui des milliers de familles déplacées internes, ayant fui les violences armées persistantes dans l’Est du pays. Ces populations, déjà fragilisées, vivent avec des traumatismes profonds liés aux coups de feu, aux bombardements et à une peur permanente.

« Les détonations des feux d’artifice ravivent les traumatismes psychologiques des déplacés de l’Est », souligne-t-elle.

L’appel citoyen met également en lumière un autre risque majeur : la confusion entre tirs réels et feux d’artifice. Dans un contexte où des coups de feu sont régulièrement signalés à Kinshasa, ces bruits peuvent servir de couverture à des actes criminels, pendant que la population croit assister à une simple célébration.

Cette requête s’inscrit dans la continuité des mesures de régulation sécuritaire récemment prises par le ministère de l’Intérieur, notamment l’interdiction de l’usage abusif des gyrophares, devenus selon plusieurs observateurs un facteur de désordre, d’usurpation d’autorité et d’insécurité.

Pour Ngabo Grace, la sécurité ne se limite pas à la présence policière. Elle inclut également la prévention des traumatismes, la protection psychologique des populations vulnérables et la clarté des signaux sécuritaires envoyés à la population.

« En cette période sensible, nous avons besoin de mesures qui rassurent, protègent et accompagnent les citoyens, en particulier ceux qui portent encore les blessures invisibles de la guerre », insiste-t-elle.

Cet appel citoyen, relayé sur les réseaux sociaux sous le mot-clé Sécurité Avant Tout, interpelle également la Présidence de la République ainsi que le Ministère de la Communication et Médias, afin que la question soit prise en compte au plus haut niveau de l’État.

Au-delà d’une simple interdiction festive, cette démarche pose un débat plus large sur la sécurité humaine, la dignité des victimes des conflits armés et la nécessité d’adapter les pratiques urbaines à la réalité psychologique et sécuritaire du pays.

Pour la sécurité.
Pour la dignité.
Pour la paix intérieure des Congolais.

La rédaction


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