RDC/ POLITIQUE : Des députés nationaux introuvables après une réunion à Kinshasa
La journée politique congolaise a été marquée par un événement troublant. Plusieurs députés nationaux, réunis ce vendredi après-midi à l’hôtel Rotana de Kinshasa pour signer une déclaration de soutien au bureau de l’Assemblée nationale en faveur de la stabilité des institutions républicaines, sont devenus injoignables depuis 16h00, heure locale.
D’après leurs proches, ces élus auraient été interpellés de manière musclée par des éléments armés « appartenant à un service », sans autre précision. Leurs téléphones ainsi que la déclaration signée par plus d’une centaine de députés auraient également été saisis.
« Bénéficiant de l’immunité parlementaire, ces élus ont-ils été arrêtés ? Et pour quelle raison ? », s’interroge un député national qui dit craindre pour la sécurité de ses collègues.
Pour l’instant, aucune confirmation officielle n’a été donnée ni par l’Assemblée nationale, ni par les autorités de sécurité. Cette disparition soulève de vives inquiétudes dans un contexte politique déjà tendu, marqué par des débats houleux sur la gestion de l’hémicycle et la légitimité de ses instances dirigeantes.
Cet incident intervient alors que l’Assemblée nationale traverse une zone de turbulences. Ces dernières semaines, plusieurs pétitions ont été déposées contre les membres du bureau dirigé par Vital Kamerhe. Les initiateurs affirment avoir largement dépassé le nombre de signatures requis pour exiger la déchéance de certains responsables, notamment de la questeuse Chimène Polipoli Lunda, de la questeuse adjointe Grâce Neema Paininye et du rapporteur Jacques Ndjoli.
Face à ces remous, la déclaration de soutien signée ce vendredi visait à afficher une majorité favorable au maintien du bureau en place et à préserver la stabilité institutionnelle. Mais l’interpellation présumée des députés signataires risque d’envenimer davantage la crise politique et d’attiser la méfiance entre les camps opposés.
La communauté politique et la société civile appellent à des clarifications rapides afin de dissiper les zones d’ombre autour de cette affaire et de garantir le respect de l’immunité parlementaire.
La rédaction


