BENI/ POLITIQUE : Le Chef de l’État Félix Tshisekedi réaffirme sa détermination de ramener la paix dans la region

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, est en visite à Beni où la population victime des massacres récurrents des rebelles ougandais de l’ADF veut la paix.

C’est tard dans la soirée du 15 Juin 2021 que le président Félix Tshisekedi est arrivé à Beni, alors qu’il était attendu ici par des centaines d’habitants de la ville depuis le matin.

Sa visite à Beni, réclamée par les élèves du primaire et du secondaire qui avaient fait un sit-in devant la mairie il y a quelques semaines, est accueillie avec scepticisme par les Bénitiens. La plupart d’entre eux mettent cette visite au rang des nombreuses promesses non tenues sur le retour de la paix dans la région. 

 »Qu’il nous donne le résultat de cet Etat de siège. »

« Nous voulons la paix, qu’il nous ramène la paix. Moi je suis resté orphelin à cause des massacres à la machette », a declaré Norbert habitant de Beni.

Pour sa part Richard estime que « si le président met un terme aux massacres, nous allons pouvoir retourner dans nos champs et la vie va s’améliorer ».

« Nous allons attendre la réalisation de ses promesses car il (Félix Tschisekedi) en a déjà fait beaucoup. Ça fait plus d’un mois qu’il a instauré l’Etat de siège. Qu’il nous donne le résultat de cet Etat de siège », a dit Domique un autre habitant de Beni.

Tshisekedi défend l’état de siège sans limite dans le temps

L’Etat de siège est souvent considéré par les habitants des provinces concernées comme une mesure visant à faire taire ceux qui critiquent l’inaction du gouvernement face aux massacres de Beni dans le Nord-Kivu mais aussi dans la province voisine de l’Ituri.

Mais le porte-parole de l’armée congolaise dans la province du Nord-Kivu, le major Ndjike Kaiko, pense le contraire. Pour lui, l’accalmie vécue ces derniers jours sur toute l’étendue de la province est à mettre à l’actif du gouverneur militaire Constant Ndima Kongba.

« Le travail abattu durant ce mois par les forces armées la République démocratique du Congo nous donne l’accalmie que vous êtes en train de vivre. Et ça c’est sous l’impulsion du gouverneur militaire. C’est lui qui a en charge la conduite des opérations », a dit Ndjike.

Projets d’infrastructures au Nord-Kivu

Ce mercredi, sauf imprévu, le président Félix Tshisekedi se rendra dans la ville frontière de Lubiriha, où il va rencontrer son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni. Cette rencontre va lancer les travaux d’asphaltage de la route Kasindi-Beni et Butembo.

Elle pourrait aussi, selon des sources proches de l’armée congolaise, concerner les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF pour l’éradication des ADF, un groupe terroriste ougandais opérant sur le sol congolais et auteur de massacres qui ont déjà coûté la vie à des milliers d’habitants de Beni et de Irumu

S’adressant à la population de Béni, via la radio et la télévision Nationale, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a tenu à s’excuser par le fait qu’il a annulé le grand meeting qu’il devait animer à l’intention de la population de Béni. Il a justifié cela par la recrudescence de la troisième vague de la Covid-19.

Cependant, dans son allocution, Félix Tshisekedi à réaffirmer sa détermination pour ramener la paix à Béni. Pour lui, cette détermination n’a pas du tout changé.

Il a rassuré que les forces armées de la RDC avec les nouvelles stratégies qui son en train d’être mis en place, vont encore monter en puissance. Il a clairement dit que son régime mettra fin à l’aventure des ADF, avant de demander à la population de Béni de collaborer avec l’armée et la Police.

Parlant de la sur militarisation de la région, le Chef de l’Etat a dit que c’est certes un mal qui devra se transformer en bien, car le but rechercher par l’État de siège, c’est bien la sécurité de la population.

S’adressant aux forces vives, Félix Tshisekedi a déclaré que tant qu’il n’aura pas réglé la question de l’insécurité à Béni, il n’aura pas réussi son mandat de Président de la République.

Il a par la circonstance annoncé que le processus DDR sera bientôt lancé pour démobiliser et réinsérer les jeunes qui sortent des groupes armés. Le Chef de l’État a dit qu’il dispose déjà de 50 millions de dollars américains de la Banque Mondiale pour cela. Il a promis par ailleurs qu’il veillera personnellement pour que les erreurs du passé ne se répètent plus et que cette fois-ci ce processus soit une réussite.

Deborah Ndirira

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