SUD-KIVU/ SOCIÉTÉ : Cri de détresse à Minembwe — Les habitants des Hauts Plateaux manifestent contre la crise humanitaire
Des milliers d’habitants des Hauts Plateaux, venus des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira, ont manifesté ce mardi 4 novembre 2025 à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, pour dénoncer la grave crise humanitaire qui ravage leur région depuis plusieurs mois.
Les manifestants ont dénoncé un blocus humanitaire prolongé, qui rend difficile l’acheminement des vivres, médicaments et produits de première nécessité. Plusieurs axes routiers restent coupés, isolant complètement les villages de cette zone montagneuse.
Selon les données recueillies par des organisations locales, plus de 548 villages ont été incendiés, 134 écoles détruites et 41 centres de santé réduits en cendres, plongeant des milliers de familles dans le désespoir.
Les estimations font état de plus de 328 000 personnes déplacées internes, contraintes de fuir les violences et vivant actuellement dans des conditions précaires.
Les protestataires accusent notamment la présence simultanée des forces armées burundaises, des FARDC et de plusieurs groupes armés locaux, dont certaines milices Mai-Mai, d’être à l’origine de ce blocus.
Selon les manifestants, ces forces militaires empêcheraient les convois humanitaires d’accéder aux zones les plus touchées, aggravant ainsi la détresse des populations civiles.
À travers cette manifestation, les habitants des Hauts Plateaux lancent un cri citoyen en direction des autorités congolaises, de la MONUSCO et de la communauté internationale. Ils réclament :
- La levée immédiate du blocus humanitaire,
- L’ouverture d’un couloir humanitaire sécurisé, placé sous supervision internationale,
- Le retrait des forces armées étrangères,
- Le retour sécurisé des déplacés dans leurs villages d’origine,
- Et l’ouverture d’enquêtes sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la région.
Cette mobilisation pacifique met en lumière les souffrances silencieuses des populations des Hauts Plateaux, longtemps oubliées dans le tumulte des crises à répétition que connaît l’Est de la RDC.
Les leaders locaux, les représentants de la société civile, les femmes et les jeunes présents à la manifestation ont exprimé une volonté commune : celle de faire entendre la voix d’une région meurtrie, mais toujours debout.
Les conditions de vie restent alarmantes : absence de soins médicaux, famine, malnutrition et épidémies guettent les populations isolées. Plusieurs ONG humanitaires ont déjà alerté sur l’urgence d’une intervention rapide pour éviter une catastrophe humanitaire à grande échelle.
La rédaction


