RDC/ SOCIÉTÉ : La Ville d’Uvira en RDC à laisser à la force neutre, MONUSCO, Wazalendo, FDLR, Police AFC/ M23, Forces Burundaises ou FARDC ? ( TRIBUNE)
Par Maître Joseph DUNIA RUYENZI
La question du retrait des forces hostiles de la ville d’Uvira continue de susciter de profondes interrogations. En l’absence de clarifications officielles précises, le risque d’interprétations divergentes demeure élevé, compromettant les efforts de désescalade et de stabilisation dans cette partie stratégique de l’est de la République démocratique du Congo.
Que signifie réellement » se retirer d’Uvira?
L’expression « se retirer de la ville d’Uvira » reste sujette à ambiguïté. Concerne-t-elle uniquement le centre urbain ou englobe-t-elle également les quartiers périphériques, les collines environnantes et les autres localités voisines ? Cette précision est cruciale, car un retrait limité au périmètre urbain, tout en maintenant une présence armée dans les alentours, ne garantirait ni la sécurité durable de la population ni la fin effective des hostilités.
L’absence d’une délimitation géographique claire du retrait ouvre la voie à des lectures contradictoires, chaque partie pouvant revendiquer le respect de ses engagements selon sa propre compréhension.
À qui revient la gestion sécuritaire d’Uvira ?
Une autre question centrale concerne la remise de la ville après le retrait annoncé. Uvira doit-elle être confiée aux FARDC seules, ou partagée avec l’armée burundaise, la MONUSCO, une force dite neutre, voire d’autres acteurs internationaux ?
L’urgence d’un cessez-le-feu avec un calendrier précis
Plus que jamais, la situation exige un cessez-le-feu immédiat, assorti d’un calendrier clair et d’un chronogramme détaillé de mise en œuvre. Sans dates, sans étapes vérifiables et sans mécanisme de suivi transparent, le cessez-le-feu risque de rester déclaratif, exposé à des violations répétées et à des accusations croisées.
Un cadre précis permettrait d’éviter que chaque acteur n’impose sa propre lecture des engagements pris, en dehors des compréhensions avancées à Washington ou à Doha.
Enfin, l’un des points les plus préoccupants demeure l’absence des forces sociales et politiques de la RDC, ainsi que celles de la région des Grands Lacs africains, dans les discussions clés.
Sans une implication réelle des acteurs nationaux et régionaux, les accords risquent de manquer de légitimité, d’appropriation locale et, à terme, d’efficacité sur le terrain.
La rédaction


