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RDC/ SOCIÉTÉ : Pourquoi les Bashi ne peuvent pas créer leur Banque pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, des femmes et des retraités? (TRIBUNE)

Par Dr ZIGABE BIGIRINAMA Henri ISAAC,CN/UNPE/ONGD,CS/ODA,Penseur Libre,Analyste Politique, Médecin Traitant et mastermindcoach

La question soulevée par le Dr Henri Isaac Zigabe Bigirinama touche au cœur des enjeux de développement économique local en République Démocratique du Congo, et plus particulièrement au Sud-Kivu.

L’analogie avec les réseaux d’épargne et de crédit communautaires juifs, les systèmes de finance islamique ou le modèle kenyan de Equity Bank (devenue Equity BCDC) met en lumière un contraste saisissant : les Bashi sont reconnus pour leur dynamisme entrepreneurial et leur sens du commerce, mais la transition du commerce individuel vers des institutions financières d’envergure reste un défi.

Plusieurs facteurs structurels, culturels et institutionnels expliquent cette difficulté à franchir le cap.

​1. La prédominance de l’informel et la dispersion du capital

​Chez de nombreux commerçants locaux, la gestion du capital reste fortement individualisée.
​L’épargne de subsistance et de roulement : La culture financière locale repose largement sur des mécanismes informels comme les tontines (AVEC/MUSO) ou la réinvestissement direct dans les stocks et l’immobilier.

​La fragmentation des fonds : Plutôt que de réunir 10 millions de dollars à 100 actionnaires pour créer une coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC) solide ou une banque de catégorie 1, la tendance dominante est au financement de projets individuels ou familiaux.

2. Le défi de la gouvernance et de la confiance institutionnelle

​L’histoire de la finance
communautaire à travers le monde (des banques mutualistes européennes aux réseaux de crédit au Kenya) repose sur deux piliers : une confiance aveugle dans l’institution et une gouvernance impersonnelle.
​Le poids des pesanteurs communautaires : Lorsqu’une structure financière est perçue comme « communautaire », elle subit souvent des pressions sociales (demandes de crédits de complaisance, tolérance envers le non-remboursement par solidarité clanique ou familiale).
​La professionnalisation du management : Pour qu’une banque réussisse comme Equity Bank, la gestion doit être totalement déconnectée des liens affectifs et confiée à des technocrates impartiaux soumis à un contrôle strict.

​3. Les contraintes réglementaires et le coût du capital

​Créer une banque ou une COOPEC de grande taille en RDC aujourd’hui exige de répondre à des normes strictes fixées par la Banque Centrale du Congo (BCC) :
​Fonds propres élevés : Les exigences de capital minimum pour une banque commerciale se comptent en dizaines de millions de dollars US.
​Complexité assurantielle et risques pays : Le risque de liquidité et l’instabilité économique au Kivu incitent les détenteurs de capital à privilégier des placements liquides ou des investissements tangibles (terrains, constructions, commerce d’import-export) plutôt que d’immobiliser du capital dans le secteur bancaire.

Rédaction : Mashariki RDC

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