FRANCE – RWANDA/ JUSTICE. Bisesero : La justice française clôt définitivement le dossier contre les militaires de l’opération Turquoise
Après plus de deux décennies de procédure, la justice française a définitivement clos le dossier judiciaire portant sur le rôle de militaires français lors des massacres de Bisesero, au Rwanda, en 1994.
La Cour de cassation française a confirmé, mercredi 9 septembre 2026, le non-lieu prononcé en faveur de cinq officiers français de l’opération Turquoise, poursuivis dans le cadre d’une enquête portant notamment sur une éventuelle complicité de génocide et de crimes contre l’humanité lors des massacres de Tutsi à Bisesero.
L’affaire, ouverte en France en 2005, portait sur les accusations selon lesquelles des militaires français auraient volontairement laissé des civils tutsi réfugiés dans les collines de Bisesero à la merci des auteurs du génocide, entre le 27 et le 30 juin 1994.
Dans son ordonnance de non-lieu, rendue le 1er septembre, la justice française avait estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir une participation directe des forces françaises aux exactions, ni une complicité par aide ou assistance aux forces génocidaires ou par abstention.
Les associations Survie, Ibuka, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme et la Licra, ainsi que plusieurs rescapés de Bisesero, avaient contesté cette conclusion et demandé la poursuite de la procédure.
La Cour de cassation vient donc de confirmer le non-lieu, refermant définitivement cette procédure judiciaire visant les militaires français concernés.
Cette décision constitue un tournant judiciaire dans un dossier qui a longtemps alimenté les controverses sur le rôle de la France au Rwanda pendant le génocide des Tutsi de 1994.
Il convient toutefois de préciser que cette décision ne constitue pas un « procès perdu par Paul Kagame ». Le président rwandais n’était pas personnellement partie à cette procédure. Il s’agit d’une décision de la justice française concernant la responsabilité pénale éventuelle de militaires français dans les événements de Bisesero.
Pour Mashariki RDC, cette décision met surtout en lumière l’aboutissement d’une longue bataille judiciaire et la complexité persistante des débats historiques et judiciaires autour du rôle de la France au Rwanda en 1994.
Rédaction : Mashariki RDC


