BUKAVU/ SÉCURITÉ : 17 Incendies documentés en moins de trois mois: Une série qui inquiète ( Enquête)
La ville de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, est confrontée à une succession inhabituelle d’incendies. Du 27 juillet au 10 septembre 2026, au moins 17 sinistres ont été documentés dans différents quartiers de la ville. Ces incendies ont fait plusieurs victimes, détruit des centaines de maisons et affecté des activités économiques ainsi que des établissements scolaires.
La série a commencé le 27 juillet à Panzi, dans la commune d’Ibanda, où plus de 20 maisons ont été ravagées par les flammes sur l’axe Mbeke, avenue Longangi. Deux enfants âgés de 4 et 6 ans avaient alors perdu la vie.
Le 3 août, un autre incendie signalé sur les avenues Albert Kayabu et Irambo, à Nyalukemba, a consumé une centaine de maisons. Le lendemain, un nouveau sinistre était signalé à Nkafu, sur l’avenue de l’Hôpital Général.
À Panzi, le feu a de nouveau frappé dans la nuit du 10 août, détruisant plus de 38 maisons sur l’axe Bizimana, avenue Maman Yemo. Deux jours plus tard, plus de 40 maisons étaient ravagées à Ndendere. Le 13 août, huit maisons ont été détruites dans un autre incendie à Panzi.
Toujours le 13 août, un incendie sur l’avenue Industrielle, à Ndendere, a détruit 64 ateliers du centre de la Confédération du monde de l’artisanat. Près de 300 artisans ont perdu leurs espaces de travail. Les responsables de cette structure avaient évalué les pertes à plus de 700 000 dollars américains.
Le 16 août, les axes Mbeke et Bizimana, à Panzi, ont encore été touchés. Plusieurs habitations et biens ont été détruits, sans perte en vie humaine rapportée.
Le bilan humain s’est ensuite alourdi à Nkafu. Dans la nuit du 19 au 20 août, un incendie sur l’avenue Père Georges Defour a coûté la vie à cinq membres d’une même famille, dont un couple et leurs trois enfants. Le 22 août, trois autres enfants d’une même famille sont morts dans un incendie sur l’avenue Ikanga, à Nyalukemba.
Le 23 août, la commune de Nkafu a connu l’un des incendies les plus dévastateurs de cette série. Environ 200 maisons ont été réduites en cendres sur l’avenue de l’Hôpital Général, laissant au moins 300 familles sans abri.
Début septembre, le feu a également touché le secteur de Cahi, dans la commune de Bagira. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, deux établissements scolaires, l’EP Uhuru et l’Institut Fariala, ont été ravagés. Plus de 500 élèves se sont retrouvés sans lieu d’étude.
La série s’est poursuivie le 6 septembre. À Panzi, au moins 70 maisons ont été détruites sur l’avenue Mulengeza, sans perte humaine signalée. Le même jour, un autre incendie à Nyamugo, dans la commune de Kadutu, a touché plus de 45 maisons, la galerie ROROKI et plusieurs dépôts de poissons salés, selon Radio Maendeleo. Radio Okapi a également rapporté la destruction de plusieurs dizaines de boutiques et de dépôts dans le secteur de l’avenue Virunga.
Le 8 septembre, un nouvel incendie à Irambo II, dans le quartier Nyalukemba, a fait un mort. Un enfant de deux ans a péri dans les flammes. Six maisons ont été complètement calcinées et cinq autres détruites afin d’empêcher la propagation du feu.
Ce jeudi 10 septembre, un autre incendie a été signalé à Funu B, dans la commune de Kadutu. Des informations locales font état d’élèves qui auraient été touchés. Le bilan exact des victimes ainsi que l’origine du sinistre restent toutefois à confirmer.
En moins de trois mois, cette succession d’incendies révèle une situation particulièrement préoccupante pour Bukavu. Au-delà des pertes humaines, ce sont des centaines de familles qui ont perdu leurs logements, des artisans leurs outils de travail, des commerçants leurs activités et des élèves leurs établissements scolaires.
Cette multiplication des sinistres pose également la question de la prévention et de la capacité d’intervention face aux incendies dans une ville caractérisée par une forte densité de population et des quartiers où l’accès des secours peut être difficile.
Les causes de ces différents incendies ne sont pas nécessairement établies de manière uniforme et ne peuvent donc pas être attribuées à une seule origine sans enquêtes approfondies. Mais la répétition des sinistres appelle à une attention accrue des autorités, notamment en matière de prévention, de sensibilisation des populations, d’accès à l’eau et de renforcement des moyens de lutte contre les incendies.
À Bukavu, l’urgence est désormais de comprendre pourquoi ces incendies se multiplient et surtout de renforcer les mécanismes permettant de protéger les vies, les habitations et les moyens de subsistance des populations.
La rédaction de Mashariki RDC


