MONDE/ CULTURE : Mikhaïl Kalachnikov : le poids moral du créateur de l’AK-47
Peu avant sa mort, en décembre 2013, à l’âge de 94 ans, Mikhaïl Kalachnikov, l’ingénieur soviétique à l’origine du célèbre fusil AK-47, aurait adressé une lettre au patriarche Kirill de l’Église orthodoxe russe, dans laquelle il exprimait une profonde détresse morale.
« La douleur dans mon âme est insupportable », aurait-il écrit, s’interrogeant sur sa responsabilité face aux nombreuses vies perdues à travers l’utilisation de son invention.
Pendant des décennies, Kalachnikov avait expliqué avoir conçu son fusil dans le contexte de l’après-guerre, avec l’idée de fournir à son pays une arme destinée à sa défense. Il répétait ne pas être responsable des usages ultérieurs qui en avaient été faits.
Mais à la fin de sa vie, cette question semblait prendre une dimension plus personnelle. L’AK-47, devenu l’une des armes les plus répandues au monde, a été utilisé dans de nombreux conflits et par des acteurs très différents, faisant de son créateur une figure aussi célèbre que controversée.
La lettre attribuée à Kalachnikov témoigne ainsi d’un questionnement tardif sur la responsabilité morale de l’inventeur face aux conséquences de son œuvre. Elle rappelle surtout une interrogation universelle : jusqu’où le créateur d’une technologie est-il responsable de l’usage que les hommes en font ?
Mikhaïl Kalachnikov est décédé le 23 décembre 2013 à Izhevsk, en Russie. Son nom demeure aujourd’hui indissociable de l’AK-47, mais aussi de cette réflexion sur le poids que peut représenter, pour un inventeur, l’héritage de sa création.
Rédaction : Mashariki RDC


