RDC/ POLITIQUE : « Quand les anciens kabilistes se disputent les postes sous Tshisekedi au Sénat » (Christian Bahati FOBAC)
La scène politique en République Démocratique du Congo continue d’offrir des épisodes riches en rebondissements. La récente succession au poste de 2e vice-président du Sénat en est une illustration frappante. Derrière ce processus institutionnel en apparence normal, se cache en réalité une lutte d’influence opposant deux figures majeures du Sud-Kivu : Norbert Basengezi Katintima et Modeste Bahati Lukwebo.
Ce duel, loin d’être anodin, met en lumière une constante de la politique congolaise : la capacité de certains acteurs à changer de cap au gré des circonstances. Tous deux ayant longtemps évolué sous le régime de Joseph Kabila, ils se revendiquent aujourd’hui proches du pouvoir actuel incarné par Félix Tshisekedi. Une reconversion politique qui interroge sur la sincérité des engagements et la notion même de loyauté en politique.
Au-delà des discours, cette rivalité révèle une lutte pour le contrôle des leviers du pouvoir. Le Sénat, institution clé de la République, devient ainsi le théâtre d’ambitions personnelles où les alliances se font et se défont sans véritable ancrage idéologique. Dans ce jeu d’intérêts, le peuple congolais semble relégué au second plan, spectateur d’un affrontement qui ne répond que très peu à ses préoccupations quotidiennes.
L’ironie de la situation réside dans le fait que ces acteurs, autrefois bénéficiaires du système Kabila, dénoncent ou s’adaptent aujourd’hui à un nouveau mode de gouvernance sans pour autant rompre avec les pratiques du passé. La continuité semble l’emporter sur le changement, malgré les discours de rupture.
Dans ce contexte, le rôle du président Félix Tshisekedi apparaît central. Détenteur du pouvoir d’arbitrage, il façonne les équilibres politiques, distribuant les postes et redéfinissant les rapports de force. Une dynamique qui alimente les critiques sur une gestion personnalisée du pouvoir, où la fidélité politique devient une variable d’ajustement.
Pendant ce temps, au Sud-Kivu, les communautés observent avec distance ces querelles d’élites. Loin de s’aligner systématiquement derrière les protagonistes, elles semblent privilégier une forme de retenue face à des conflits perçus comme éloignés de leurs réalités. Ce recul pourrait être interprété comme un signe de maturité politique, mais aussi comme une défiance croissante vis-à-vis d’une classe dirigeante jugée déconnectée.
La rédaction de Mashariki RDC


