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RDC/ POLITIQUE: Scandale à l’assemblée nationale : plus de 600 agents fictifs démasqués, des milliards de francs congolais volatilisés chaque mois

Un vaste scandale financier secoue l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. À la suite d’un contrôle physique du personnel ordonné par le président de la chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, plus de 600 agents administratifs fictifs ont été identifiés au sein de l’institution.

Selon les informations révélées à l’issue de cette opération d’assainissement, ces personnes figuraient sur les listes de paie de l’Assemblée nationale sans exercer effectivement leurs fonctions. Certaines seraient liées à des membres de précédents bureaux de l’institution, notamment des concubines, enfants, cousins, neveux et nièces ayant bénéficié de recrutements irréguliers ou de traitements de faveur.

Les premières constatations indiquent que ce système aurait perduré au fil des législatures, depuis les mandats dirigés par Aubin Minaku jusqu’à ceux de Vital Kamerhe. Pendant plusieurs années, ces agents fictifs auraient continué à percevoir des rémunérations mensuelles sans se présenter à leur lieu de travail.

L’impact financier de cette situation est considérable. D’après les estimations avancées, les salaires versés à ces effectifs fictifs représenteraient entre 5 et 20 milliards de francs congolais par mois, soit l’équivalent d’environ 2,17 à 8,7 millions de dollars américains. Une somme colossale qui aurait pu être affectée à l’amélioration des conditions de travail des véritables agents de l’administration parlementaire ou à d’autres priorités nationales.

Cette découverte intervient dans un contexte marqué par les efforts des autorités congolaises visant à renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques et à lutter contre les pratiques de corruption et de détournement des ressources de l’État.

Pour de nombreux observateurs, cette opération de contrôle pourrait constituer un tournant dans la gouvernance administrative de l’Assemblée nationale. L’opinion publique attend désormais que toute la lumière soit faite sur ce dossier, que les responsabilités soient établies et que les auteurs de ces irrégularités répondent de leurs actes devant les instances compétentes.

Ce dossier, qui met en évidence les défis persistants liés à la gestion des ressources humaines dans les institutions publiques, risque d’alimenter davantage le débat national sur la nécessité des réformes structurelles et du renforcement des mécanismes de contrôle au sein de l’appareil de l’État.

La rédaction de Mashariki RDC

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