RDC/ SOCIÉTÉ : Le Journaliste Frank ZONGWE menacé et contraint à vivre en clandestinité après avoir exigé la transparence sur un contrat entre l’ICCN et le sanctuaire indien VANTARA
Le journaliste congolais Franck Zongwe affirme vivre sous une grave menace pour sa sécurité et celle de sa famille, après avoir exigé la transparence sur un contrat controversé liant l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) au sanctuaire indien Vantara.
Selon son témoignage, le contrat en question aurait été conclu sans consultation ni visibilité claire, au point que même le ministre de tutelle n’en aurait jamais eu connaissance. Une situation que le journaliste dit avoir dénoncée publiquement dans l’exercice de son métier.
Franck Zongwe soutient que ses démarches en faveur de la transparence auraient provoqué de vives tensions au sein de l’ICCN. Il affirme que des ordres auraient été donnés pour le faire taire, et qu’il serait désormais la cible d’une campagne de stigmatisation médiatique, menée selon lui par un média basé à Kinshasa qu’il accuse d’être utilisé pour l’attaquer indirectement.
Dans ces attaques, il dit être présenté comme un détracteur institutionnel, accusé de manipuler la société civile et certains médias, avec des allégations qu’il qualifie de montages de toutes pièces. Plus grave encore, le journaliste affirme que sa demande de transparence aurait été ethnicisée, le présentant comme un acteur cherchant à instrumentaliser son origine géographique pour déstabiliser la direction de l’ICCN.
« Être taxé de déstabilisateur institutionnel avec une connotation liée à l’Est du pays à Kinshasa est extrêmement dangereux dans le contexte actuel », confie-t-il.
Franck Zongwe révèle également avoir annulé une interview exclusive avec un conseiller du Chef de l’État en charge de l’environnement, prévue pour aborder notamment le dossier ICCN–Vantara. Cette décision serait intervenue après la publication anticipée des questions sensibles par un média qu’il relie à l’ICCN, mais surtout après un appel anonyme l’avertissant de graves risques s’il se présentait à l’entretien. Craignant une arrestation arbitraire ou un interrogatoire forcé, il dit avoir annulé l’interview trois heures avant l’heure prévue.
La situation aurait pris une tournure encore plus inquiétante lorsque trois individus, deux hommes et une femme, se seraient présentés à son domicile sous prétexte d’une visite amicale. Grâce à l’intervention de ses voisins, il aurait pu éviter un drame.
La nuit suivante, des véhicules auraient encerclé sa maison aux alentours de 2 heures du matin. Selon le journaliste, sans la vigilance du voisinage, sa femme et ses enfants auraient pu être tués. Face à ce danger imminent, il affirme avoir été contraint de se déguiser pour quitter discrètement le quartier à l’aube.
Aujourd’hui, Franck Zongwe se dit sans protection, affirmant que les réseaux qu’il met en cause disposeraient d’une influence considérable. Il lance un appel pour que son histoire soit rendue publique, estimant que la visibilité est désormais sa seule garantie de survie.
« Je veux que cette histoire soit connue de tous, au cas où quelque chose pourrait m’arriver », insiste-t-il.
Ces révélations, si elles sont confirmées, soulèvent de sérieuses préoccupations sur la liberté de la presse, la protection des journalistes et la gouvernance environnementale en République démocratique du Congo.
À ce stade, aucune réaction officielle de l’ICCN ou des parties citées n’a été rendue publique.
Ainsi, notre rédaction rappelle que la transparence dans la gestion des ressources naturelles et la sécurité des journalistes constituent des piliers essentiels de l’État de droit.
La rédaction de Mashariki RDC


