RDC/ INFRASTRUCTURES : 760 MILLIONS DE DOLLARS : Les États-Unis arrachent le barrage Ruzizi III à la France
C’est un tournant géopolitique majeur : les États-Unis, à travers la société Anzana Electric Group, ont pris le contrôle du projet hydroélectrique Ruzizi III, partagé entre le Burundi, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
Cette reprise en main, officialisée lors du Sommet États-Unis–Afrique à Luanda, marque la fin de l’influence française sur l’un des projets énergétiques les plus stratégiques du continent, après le retrait discret de l’Agence Française de Développement (AFD).
Derrière ce basculement se joue une bataille d’influence entre Paris et Washington, symbole d’une nouvelle compétition pour le contrôle des grands chantiers africains.
Le barrage Ruzizi III doit produire 206 MW d’électricité, un souffle nouveau pour une région où seulement 24 % de la population a accès à l’énergie.
Les retombées attendues sont considérables :
- Le Burundi verrait sa capacité électrique doubler ;
- Le Rwanda augmenterait sa production de près de 30 % ;
- L’Est de la RDC bénéficierait enfin d’un approvisionnement régulier, essentiel pour relancer l’économie locale.
Avec un coût total estimé à 760 millions de dollars, Ruzizi III s’impose comme l’un des plus grands projets hydroélectriques régionaux d’Afrique centrale.
Le désengagement français a ouvert la voie à un modèle américain plus audacieux, basé sur un partenariat public-privé (PPP) de type BOOT (Build–Own–Operate–Transfer).
La société Anzana Electric Group, anciennement Virunga Power, est désormais actionnaire à hauteur de 10 % de Ruzizi III Holding Power Co. Ltd.
La présence de Massad Boulos, conseiller influent de l’administration Trump, lors des négociations, confirme la volonté de Washington de renforcer sa présence économique et diplomatique dans la région des Grands Lacs, tout en soutenant la stabilisation de la RDC.
Le lancement des travaux est prévu pour décembre 2025, malgré un contexte sécuritaire fragile dans l’Est de la RDC, marqué par la présence du M23.
Si le calendrier est respecté, la centrale devrait être opérationnelle en 2030, générant des milliers d’emplois et contribuant à l’intégration économique régionale.
L’affaire Ruzizi III dépasse la seule question énergétique :
elle symbolise le repositionnement des puissances occidentales sur le continent africain.
Alors que la France recule sur plusieurs fronts, les États-Unis avancent avec une stratégie d’influence fondée sur les infrastructures et l’investissement direct.
Un projet de plus où l’Afrique devient le champ de bataille silencieux des puissances mondiales, entre diplomatie, économie et énergie.
La rédaction


