RDC/ POLITIQUE : Des serments trahis : quand la guerre met à l’épreuve la conscience congolaise ( Tribune)
Par Me Idesbald BYABUZE Katabaruka, avocat au Barreau du Sud-Kivu
La guerre qui ravage l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, continue de meurtrir les cœurs et d’assombrir l’avenir. Des appels désespérés venus de Goma, Bukavu et des localités environnantes rappellent chaque jour l’ampleur de la tragédie : famine, exode, massacres, enfants et vieillards dépourvus de tout, survivant par miracle.
Dans ce contexte de souffrance extrême, une autre plaie s’ajoute au drame : la trahison des serments par certains assermentés.
Quand les serments deviennent de simples mots
L’avocat, en prêtant serment, promet de ne défendre que des causes justes. Le médecin jure de placer la vie de son patient au-dessus de tout. Le militaire, lui, s’engage à verser son sang pour la patrie.
Pourtant, aujourd’hui, certains parmi eux se détournent de ces engagements sacrés :
- Des avocats abandonnent la toge pour rejoindre des mouvements rebelles, usant de la science juridique pour légitimer pillages, violences et nominations illégales.
- Des médecins et infirmiers, oubliant le serment d’Hippocrate, courent derrière de dérisoires postes dans des administrations rebelles, pendant que les malades meurent sans soins.
- Des militaires, en désertant les rangs, braquent leurs armes contre le drapeau congolais.
Cette trahison n’est pas seulement une faute individuelle : elle affaiblit l’État, trahit la Nation et encourage l’ennemi.
La terreur imposée par les rebelles
La situation s’aggrave avec les décisions cyniques de l’AFC-M23, qui a récemment annoncé la caducité des documents officiels de la République dans les zones sous occupation dès le 1er novembre 2025. Une telle mesure vise à déraciner les populations, les empêcher de revenir chez elles et renforcer l’emprise de l’ennemi.
Pourtant, à chaque percée de nos Forces armées (FARDC) et de nos vaillants Wazalendo, la panique change de camp. Ces résistances héroïques rappellent que le peuple congolais n’est pas prêt à céder.
Appel à l’unité et à la résistance patriotique
Dans cette tempête, il serait irresponsable de se perdre dans des querelles politiciennes ou dans des populismes stériles. L’heure n’est pas aux divisions, mais à l’unité, à la vigilance et à la résistance.
Il faut soutenir les efforts du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui porte sur la scène internationale la voix des victimes et milite pour la paix. Mais cette paix ne viendra pas sans un sursaut patriotique collectif.
La RDC ne doit pas s’émietter. Elle doit se relever. Cela exige de chaque Congolais qu’il se rappelle son serment – explicite ou moral – envers la patrie.
Conclusion
Le sang versé, les pleurs des veuves et des orphelins, les villages incendiés et les corps sans sépulture nous rappellent que la guerre n’est pas une abstraction, mais une tragédie vécue au quotidien.
Que chaque citoyen congolais retrouve la fierté de son serment. Que chaque cœur s’élève pour défendre la République. Et que la paix, si ardemment désirée, redevienne le patrimoine commun de notre Nation.
Vivement la paix !
Me Idesbald BYABUZE Katabaruka (IBK)
Avocat – Cadre de l’AFDC
La rédaction


