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RDC/ POLITIQUE : Dossier PEJAB lié à Muhindo NZANGI : La chronologie des faits et le circuit financier au cœur des interrogations

La polémique autour d’un présumé détournement de 57 millions de dollars américains alloués au Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB) suscite des interrogations sur l’origine des accusations et les responsabilités éventuelles. La chronologie des faits, l’authenticité des correspondances et la traçabilité des fonds apparaissent comme des éléments essentiels pour éclairer ce dossier.

Selon les éléments avancés dans ce dossier, en octobre 2025, un certain Ilunga Ilunga Henock, se présentant comme coordonnateur des agripreneurs du PEJAB, aurait adressé une correspondance au président de la République pour dénoncer un présumé détournement de 57 millions de dollars américains. Les faits évoqués dans cette lettre auraient concerné la période 2023-2024.

L’un des points soulevés concerne la qualité du signataire. La correspondance aurait repris l’en-tête du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, tandis que son auteur se serait présenté comme « coordonnateur ». Cette situation aurait pu créer une confusion sur sa qualité officielle. Selon les éléments communiqués, la lettre initiale ne mentionnerait pas le nom de Muhindo Nzangi Butondo.

D’après les mêmes informations, le coordonnateur officiel du projet aurait réagi pour dénoncer cette confusion, tandis que le ministère aurait entrepris une démarche visant à rétablir les faits. L’examen des documents originaux demeure nécessaire pour confirmer le contenu de ces correspondances, l’identité et la qualité de leurs signataires, ainsi que les suites administratives qui leur auraient été réservées.

Une chronologie à établir

La période des faits allégués constitue un élément central du dossier. Muhindo Nzangi Butondo a pris ses fonctions de ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire en août 2025, alors que les faits dénoncés seraient antérieurs à cette date.

Cette chronologie appelle à distinguer les actes de gestion accomplis avant et après son arrivée au ministère. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à déterminer l’ensemble des responsabilités éventuelles. Celles-ci doivent être établies à partir des documents de gestion, des décisions prises et des opérations financières effectivement réalisées.

Une autre question mérite d’être examinée : si des activités du PEJAB ont été exécutées entre 2023 et 2024, quelles ressources ont permis leur financement ? Quels montants ont été décaissés et quelles dépenses ont été engagées au cours de cette période ? Les réponses permettraient de mieux reconstituer l’évolution financière du projet.

Le circuit de financement au centre des vérifications

Les éléments avancés dans une prise de position sur ce dossier rappellent que le financement du PEJAB s’inscrit dans un circuit impliquant notamment la Banque africaine de développement (BAD), la Banque centrale du Congo et des institutions financières.

Cette organisation financière doit être examinée à partir des accords de financement, des mécanismes de décaissement et des responsabilités attribuées aux différents intervenants. La question de l’accès direct du ministre aux fonds doit également être vérifiée au regard des procédures applicables au projet et des fonctions respectives des acteurs concernés.

Pour établir la réalité des faits, il importe notamment de confronter les montants annoncés aux décaissements effectifs, aux dépenses justifiées, aux rapports d’exécution et aux éventuelles observations des institutions de contrôle. Cette démarche permettrait de déterminer si les sommes évoquées correspondent à des fonds effectivement décaissés, à des engagements financiers ou à une autre base de calcul.

Entre accusations et responsabilité publique

Le dossier soulève également des interrogations sur les propos attribués à l’honorable Bolumbe Hermione, qui aurait évoqué l’idée de « sacrifier » le ministre d’État. Le contexte exact de cette déclaration et les éléments sur lesquels elle repose méritent d’être précisés afin de distinguer les considérations politiques des faits documentés.

Les soutiens de Muhindo Nzangi mettent, pour leur part, en avant les actions qu’il poursuit dans le secteur agricole, notamment en faveur de la production, des jeunes agripreneurs et de la souveraineté alimentaire. Ces objectifs ne dispensent cependant aucun responsable public de répondre aux questions légitimes concernant la gestion des projets relevant de son secteur.

Dans ce dossier, une dénonciation ne constitue pas, à elle seule, une preuve de détournement, pas plus qu’une contestation ne suffit à établir l’absence de toute irrégularité. L’absence alléguée du nom de Muhindo Nzangi dans la correspondance initiale, si elle est confirmée par le document original, constitue un élément à prendre en compte, sans trancher à elle seule toutes les questions de responsabilité.

La clarification du dossier PEJAB nécessite donc un examen rigoureux des correspondances, des procédures administratives, des décaissements et des dépenses engagées. L’enjeu est d’établir les faits et d’identifier les responsabilités éventuelles sur la base de preuves vérifiables, dans le respect du droit de chaque personne concernée à faire valoir sa position.

La rédaction de Mashariki RDC

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