RDC/ POLITIQUE : Vital Kamerhe, le stratège trahi par ses propres alliances
Par Jean Serge BORAUZIMA
Dans l’arène politique congolaise, certains parcours forcent le respect par leur endurance. Vital Kamerhe en est l’exemple vivant. Homme d’appareil, stratège redouté, artisan d’alliances majeures, il est aussi la figure qui, à plusieurs reprises, a tout donné sans rien recevoir.
En 2011, il affronte Joseph Kabila et Étienne Tshisekedi dans une présidentielle aux allures de choc des titans. Troisième, il démontre déjà une résilience rare.
En 2018, il revient plus fort : il sauve l’alliance de Genève, puis s’efface pour propulser Félix Tshisekedi à la tête de l’État. Derrière les coulisses, il active ses réseaux à Nairobi et scelle la victoire du Cach.
Mais l’histoire bascule vite. Nommé directeur de cabinet du chef de l’État, il perd tout en quelques mois : soupçons, procès, prison de Makala, perte de l’alliance Cach. Humilié, sali, trahi, il devient la cible idéale d’un système qu’il avait pourtant contribué à installer.
Vice-Primature économique, Présidence de l’Assemblée nationale, promesses creuses… À chaque étape, l’espoir se transforme en piège. Pétitions, primaires sur mesure, manœuvres internes : ses alliés se muent en fossoyeurs. Finalement, il choisit la démission, témoin amer de la réhabilitation de ses proches, mais pas de lui-même.
Aujourd’hui, Kamerhe est relégué loin du centre du pouvoir. Dépouillé de ses ministres, marginalisé par ceux qu’il a aidés à accéder aux plus hautes fonctions, il observe son partenaire de 2018 pactiser avec d’anciens adversaires. Lui, n’a récolté ni les fruits de 2018, ni les miettes de 2023.
De « Pasi nayo pasi na nga » à « Pasi nayo esengo na nga », le destin politique de Vital Kamerhe illustre la cruauté des alliances congolaises : celui qui donne tout peut finir par tout perdre.
La rédactionÂ


