RDC/ SÉCURITÉ : Entre réformes courageuses et intrigues politiques: Jacquemain Shabani victime de multiples attaques par les détracteurs du pouvoir
La question sécuritaire en République démocratique du Congo demeure l’un des enjeux les plus sensibles du débat public. Au cœur des critiques récurrentes, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, fait face à une vague d’attaques dont l’analyse révèle une réalité bien plus nuancée, mêlant réformes ambitieuses et luttes d’influence politiques.
Au-delà des reproches formulés à son encontre, plusieurs observateurs évoquent l’existence de manœuvres politiques en coulisses. L’engagement du ministre dans la lutte contre certains réseaux d’influence, notamment liés à l’ancien régime de Joseph Kabila, aurait suscité des résistances. Ces oppositions s’exprimeraient à travers des critiques parfois éloignées des réalités du terrain.
Il convient de replacer cette situation dans son contexte. À la tête d’un ministère régalien stratégique — Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières — Jacquemain Shabani Lukoo intervient dans une période particulièrement critique. L’Est du pays reste en proie à une insécurité persistante, alimentée par des groupes armés, dont certains bénéficieraient de soutiens extérieurs, notamment du Rwanda.
Le parcours politique du ministre témoigne d’une fidélité constante et d’une expérience forgée dans l’opposition. Ancien proche de Étienne Tshisekedi, il a occupé des fonctions clés au sein de l’UDPS avant de jouer un rôle déterminant dans l’ascension au pouvoir de Félix Tshisekedi, dont il fut notamment directeur de campagne.
Cette proximité politique s’est traduite par une confiance renouvelée du Chef de l’État, illustrée par sa reconduction au sein du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Une marque de continuité dans la gestion d’un secteur aussi sensible que stratégique.
À son arrivée, le ministre a hérité d’un appareil sécuritaire fragilisé : manque de moyens, coordination insuffisante et failles structurelles. Face à ces défis, plusieurs initiatives ont été engagées. L’opération « Ndobo », par exemple, a permis l’interpellation de nombreux présumés criminels dans plusieurs provinces.
Sur le plan structurel, la loi de programmation de la réforme de la Police nationale congolaise (2026-2030) ambitionne une transformation en profondeur : recrutement de nouveaux agents, modernisation des équipements et amélioration des relations entre la police et la population.
Parallèlement, des efforts ont été fournis en matière d’infrastructures et de logistique, avec la construction de commissariats, la réhabilitation de centres de formation et la dotation en véhicules pour les forces de sécurité. La mise en place de comités locaux de sécurité illustre également une volonté d’impliquer davantage les communautés dans la gestion des questions sécuritaires.
Toutefois, la sécurité ne relève pas uniquement de l’action gouvernementale.
Elle dépend aussi de facteurs connexes tels que l’aménagement urbain, l’éclairage public, l’état des routes ou encore la stabilité sociale. Réduire cette problématique à la seule responsabilité du ministre apparaît dès lors comme une simplification excessive.
Par ailleurs, certaines pratiques héritées du passé continuent d’impacter le présent. Des groupes criminels, tels que les « kuluna », ont parfois été instrumentalisés à des fins politiques, notamment contre des militants de l’UDPS. Aujourd’hui encore, des réseaux similaires contribueraient à entretenir un climat d’insécurité.
Un autre défi majeur demeure la chaîne pénale. Malgré les efforts des forces de l’ordre, il arrive que des individus arrêtés soient relâchés par le système judiciaire, fragilisant ainsi les avancées réalisées et alimentant un sentiment d’impunité.
À cette dynamique s’ajoute une dimension politique plus large. Selon plusieurs analyses, les initiateurs de la fameuse motion ne viseraient pas tant la personne du Vice-Premier ministre que l’image du Chef de l’État. En s’attaquant à Jacquemain Shabani Lukoo, ils chercheraient en réalité à fragiliser la crédibilité et l’autorité de Félix Tshisekedi auprès de l’opinion publique.
Dans ce contexte complexe, juger hâtivement l’action de Jacquemain Shabani Lukoo sans analyse approfondie pourrait s’avérer contre-productif. Alors que des réformes sont en cours, une évaluation fondée sur des faits et des résultats s’impose.
En définitive, la situation sécuritaire en RDC exige lucidité, responsabilité et cohésion nationale. Entre réformes engagées et tensions politiques, le véritable défi reste la consolidation des acquis et la poursuite d’efforts durables pour garantir la sécurité des citoyens.
La rédaction de Mashariki RDC


