Chargement en cours

A LA UNE

SUD-KIVU/ ENSEIGNEMENT : Suspension des enseignements dans les universités publiques à Goma et Bukavu : la société civile dénonce le silence des élus

La décision du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques dans plusieurs établissements publics de Goma et de Bukavu continue de susciter des réactions dans les milieux éducatifs et au sein de la société civile.

Pour Samy Jean Takimbula, cette décision risque de compromettre l’avenir de plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, alors que beaucoup d’entre eux auraient déjà payé leurs frais académiques et engagé des dépenses pour leur logement et leur vie universitaire.

Selon les estimations communiquées par cet acteur de la société civile, environ 24 930 étudiants seraient concernés dans les établissements publics de Bukavu, notamment à l’UOB, à l’ISP, à l’ISTM, à l’ISC, à l’ISTA, au SAM et à l’ISDR.

À Goma, les effectifs estimés dans les établissements concernés s’élèveraient à environ 19 000 étudiants, principalement à l’UNIGOM, l’ISP, l’ISTM, l’ISC et l’ISTA.

Ces chiffres portent ainsi à environ 44 000 étudiants le nombre de jeunes susceptibles d’être directement affectés par la suspension des activités académiques dans les deux villes, selon les estimations de la société civile.

Les élus interpellés

Samy Jean Takimbula appelle les députés nationaux et provinciaux de Goma et de Bukavu à sortir de leur silence et à s’impliquer urgemment dans ce dossier.

Il estime qu’une action parlementaire devrait être engagée afin d’obtenir des explications du ministère de l’ESU et de rechercher des solutions permettant d’éviter que des milliers d’étudiants ne perdent une année académique.

La société civile affirme, par ailleurs, avoir été saisie par des représentants de la composante éducation, regroupant notamment des enseignants des établissements publics et privés, des centres de recherche ainsi que des représentants des étudiants.

« La société civile est totalement apolitique et l’éducation ne doit jamais être prise en otage par la politique », insiste Samy Jean Takimbula.

Il estime que les conséquences de cette suspension pourraient être particulièrement lourdes pour les étudiants issus des milieux ruraux, dont certains ont déjà engagé des ressources importantes pour poursuivre leurs études à Goma ou à Bukavu.

« Penser à l’avenir de la jeunesse »

Au-delà des autorités congolaises, la société civile appelle également les organisations internationales et les ONG intervenant dans le secteur de l’éducation à se mobiliser pour préserver la continuité de l’enseignement supérieur dans les deux villes.

Pour Samy Jean Takimbula, les étudiants ne devraient pas être les premières victimes des tensions sécuritaires et politiques qui affectent les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

« Nous demandons aux belligérants, notamment l’AFC/M23 et le gouvernement congolais, de penser à l’avenir de la jeunesse », lance-t-il.

La société civile estime ainsi que des mécanismes urgents doivent être envisagés pour permettre aux étudiants de poursuivre leur formation et éviter une année blanche.

Mashariki RDC

Partageons sur nos réseaux sociaux

VOUS LES AVEZ PEUT-ÊTRE RATÉS