UVIRA/ SÉCURITÉ : Vive tension: Rejet d’une délégation provinciale venue du Burundi, tensions à Kilomoni
La ville d’Uvira s’est réveillée ce matin sous haute tension. Des barricades ont été érigées à Kilomoni, un point stratégique sur la route qui relie Uvira à la frontière burundaise, empêchant le passage d’une délégation provinciale congolaise revenant du Burundi. Les manifestants dénoncent une collaboration jugée douteuse avec les autorités burundaises et exigent des explications claires sur les objectifs de cette visite.
La délégation, composée de plusieurs membres du gouvernement provincial du Sud-Kivu, aurait participé à une réunion bilatérale à Bujumbura. Mais à son retour, elle a été accueillie par une forte hostilité populaire, traduite par des barricades, des pneus brûlés et des slogans de rejet.
« Nous refusons toute coopération secrète avec le Burundi tant que la population n’est pas informée de ce qui se discute. Notre sécurité n’est pas à vendre ! » a lancé un manifestant au micro d’un média local.
Cette manifestation s’inscrit dans un climat de grande méfiance entre la population d’Uvira et certaines autorités militaires et politiques. Depuis plusieurs semaines, la ville est marquée par :
- Des affrontements récurrents entre les FARDC et des groupes armés locaux comme les Wazalendo ;
- Des rumeurs d’infiltration de forces étrangères via la frontière burundaise ;
- Des appels à la “ville morte”, paralysant les activités économiques et sociales ;
- Un rejet croissant de l’autorité du Général Olivier Gasita, accusé de complicité ou d’inaction face à la crise.
Peu d’informations officielles ont filtré sur la nature exacte du déplacement à Bujumbura. Ce manque de transparence alimente les soupçons d’une coopération militaire ou sécuritaire non divulguée, dans une région déjà fragilisée par des tensions intercommunautaires, des groupes armés et des intérêts étrangers.
Outre le rejet de la délégation, les manifestants exigent le départ du Général Olivier Gasita, haut responsable militaire dans la région. Son nom revient régulièrement dans les protestations, accusé de partialité, d’inefficacité, voire de connivence avec certaines forces en présence.
Ce nouveau blocage à Kilomoni a accentué la paralysie d’Uvira : les activités commerciales, les transports, les écoles et les services publics sont largement affectés. Des milliers d’habitants restent chez eux par crainte de nouvelles violences.
La crise sécuritaire à Uvira prend désormais une dimension politique et régionale. Le rejet d’une délégation officielle ayant séjourné au Burundi est le signe d’une perte de confiance profonde entre la population et ses dirigeants. Sans réponse claire et apaisante du gouvernement provincial et national, la situation pourrait rapidement dégénérer.
La rédaction


