RDC/ POLITIQUE : Crise de gouvernance, escalade sécuritaire, Mugisho Bahige Kagale lance l’appelle pressant à un dialogue national inclusif
La République démocratique du Congo traverse une période particulièrement critique, marquée par une détérioration persistante de la situation sécuritaire, un affaiblissement des institutions et un malaise social grandissant. Dans ce contexte, Mugisho Bahige Kagale, citoyen congolais, a rendu publique une déclaration adressée au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans laquelle il alerte sur la trajectoire actuelle du pays et appelle à un sursaut national.
Dans sa déclaration, Mugisho Bahige Kagale rappelle qu’au début du premier mandat du Chef de l’État, l’exercice du pouvoir reposait sur quatre piliers majeurs qui assuraient un certain équilibre politique, diplomatique, sécuritaire et institutionnel. Le pilier politique, incarné par Vital Kamerhe, constituait le socle de l’accession du Président Tshisekedi à la magistrature suprême. Le pilier diplomatique, animé par Fortunat Biselele, assurait la gestion des relations extérieures, tandis que le pilier sécuritaire, sous la coordination de François Beya, garantissait une certaine cohérence stratégique en matière de défense et de sécurité nationales. Enfin, la coalition FCC–CACH, avec l’ancien Président Joseph Kabila, avait permis une transition politique relativement stable.
Selon Mugisho Bahige Kagale, la marginalisation progressive ou le démantèlement de ces piliers a ouvert la voie à une crise profonde et multidimensionnelle. Il estime que la situation sécuritaire, sociale, institutionnelle et diplomatique du pays s’est fortement détériorée, au point que de larges pans de la population ont le sentiment que la Nation est au bord de l’embrasement.
L’auteur de la déclaration met un accent particulier sur l’escalade du mouvement AFC/M23 dans l’Est de la RDC. Il dénonce la progression militaire de ce groupe armé, les violences contre les civils et les déplacements massifs de populations, ainsi que les pertes humaines qu’il qualifie d’évitables. À ses yeux, l’absence d’une option de dialogue politique dès la résurgence du mouvement à Bunagana et Chanzu a contribué à l’aggravation du conflit, sans pour autant justifier le recours aux armes ni remettre en cause l’autorité de l’État.
Mugisho Bahige Kagale pointe également un déficit de vérité au sommet de l’État. Il affirme que certains conseillers et proches collaborateurs du Président privilégient la préservation de leurs intérêts personnels au détriment d’une transmission fidèle de la réalité du terrain, ce qui isolerait le Chef de l’État et affaiblirait la qualité des décisions publiques.
Par ailleurs, il déplore l’absence de responsabilité politique au sein du Gouvernement. Malgré la gravité de la crise nationale, aucune démission n’a été enregistrée, notamment parmi les ministres en charge de la Défense nationale, de l’Intérieur et de la Sécurité, des Affaires étrangères, de la Justice et des Droits humains. Selon lui, cette situation pose un sérieux problème de gouvernance et de respect des principes démocratiques.
Face à ce qu’il qualifie de menace directe contre la cohésion nationale et l’intégrité territoriale, Mugisho Bahige Kagale appelle à l’organisation urgente d’un dialogue national inclusif, interne et souverain, réunissant l’ensemble des forces politiques, sociales, religieuses et citoyennes du pays, sans exclusion. L’objectif, souligne-t-il, est de restaurer la confiance nationale et de s’attaquer aux causes profondes des conflits armés.
Enfin, dans sa déclaration, il s’adresse également aux conseillers les plus proches du Chef de l’État, les exhortant à faire preuve de responsabilité et de vérité à un moment que l’auteur considère comme un tournant historique pour la République démocratique du Congo.
Cette prise de position se veut une interpellation citoyenne responsable, motivée par l’attachement à la paix, à la stabilité, à la souveraineté et à l’avenir de la RDC.
La rédaction


