RDC/ POLITIQUE : Jacquemin Shabani Lukoo face au défi sécuritaire à Kinshasa sur fond de polémique identitaire
Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs clés de la gestion de la sécurité en République démocratique du Congo.
Originaire du Nord-Kivu, ce cadre de l’UDPS voit cependant son action politique régulièrement éclipsée par des attaques sur ses origines, certains de ses détracteurs allant jusqu’à le qualifier de « Rwandais », une accusation rejetée par ses proches.
Juriste de formation et militant de longue date de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti fondé par Étienne Tshisekedi et dirigé aujourd’hui par le président Félix Tshisekedi, Jacquemin Shabani a participé aux années de lutte pour l’alternance politique.
Au fil du temps, il a occupé des fonctions stratégiques au sein du parti avant de faire son entrée au gouvernement en juin 2024. Sa nomination à la tête du ministère de l’Intérieur avait été perçue comme un signal fort pour la représentation du Nord-Kivu au sommet de l’État.
Depuis sa prise de fonctions, la question sécuritaire dans la capitale congolaise constitue l’un des principaux tests de son action. Braquages, banditisme urbain et phénomène des kuluna continuent d’inquiéter la population kinoise.
Pour faire face à cette situation, le patron de la territoriale a multiplié les initiatives : organisation des réunions élargies du comité provincial de sécurité ; coordination avec le gouvernorat, la Police nationale congolaise et les services de renseignement ; renforcement de la police préventive dans les communes ; nouvelles orientations pour la réforme de la PNC, notamment l’amélioration des conditions de vie des policiers ; intensification des opérations contre les gangs urbains.
L’objectif affiché est de restaurer l’autorité de l’État et d’assurer une présence sécuritaire visible dans les zones réputées criminogènes.
Malgré ces mesures, la population attend des résultats concrets et durables. La lutte contre l’insécurité reste un défi majeur pour le ministre, dans un contexte urbain marqué par une forte croissance démographique et des inégalités sociales.
Parallèlement, ses soutiens dénoncent une stigmatisation liée à ses origines nord-kivutiennes, estimant que les attaques sur son identité visent à affaiblir son autorité politique plutôt qu’à évaluer son bilan à la tête du ministèr.
Au-delà de sa personne, la controverse relance le débat sur l’instrumentalisation de la question identitaire dans la vie politique congolaise. Pour de nombreux observateurs, réduire un responsable politique à ses origines constitue une dérive qui détourne l’attention des véritables enjeux de gouvernance et de sécurité.
La gestion de la sécurité à Kinshasa apparaît ainsi comme le principal baromètre de l’action de Jacquemin Shabani Lukoo. Entre réformes institutionnelles, opérations de terrain et pression de l’opinion publique, le Vice-Premier ministre joue une part importante de sa crédibilité politique.
Dans un pays confronté à de multiples défis sécuritaires, son bilan à la tête de l’Intérieur sera jugé non pas sur les polémiques, mais sur sa capacité à ramener durablement la sécurité pour les Congolais.
La rédaction de Mashariki RDC


