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SUD-KIVU/ SÉCURITÉ : Plus d’une année après, le silence autour des lingots d’or et des devises saisis à Bukavu auprès des sujets Chinois inquiète l’opinion

Plus d’une année après l’opération menée à Bukavu contre l’exploitation et le commerce illicite de l’or impliquant des ressortissants chinois, la question de la destination des lingots d’or et de l’argent liquide saisis continue de susciter des interrogations au sein de la population du Sud-Kivu.

À l’époque, cette intervention avait été conduite sous l’autorité du gouverneur Jean-Jacques Purusi, avec l’implication du ministre provincial des Finances Bernard Muhindo, qui assurait alors l’intérim au ministère provincial des Mines. L’opération avait été présentée comme un signal fort dans la lutte contre la fraude minière et l’exploitation illégale des ressources naturelles de la province.

Une action saluée, mais des zones d’ombre persistantes

Au moment des faits, la saisie de l’or et des devises avait été largement saluée par l’opinion publique, qui y voyait un tournant dans la gouvernance minière et la restauration de l’autorité de l’État. Cependant, l’absence de communication officielle détaillée sur la gestion de ces biens saisis alimente aujourd’hui inquiétudes et spéculations.

Jusqu’à présent, aucune information précise n’a été rendue publique concernant : la quantité exacte d’or récupérée, le montant total des sommes saisies, le lieu de leur conservation, la procédure judiciaire engagée, ou leur éventuelle rétrocession au Trésor public.

Une exigence de transparence

Pour de nombreux acteurs de la société civile, cette situation pose un problème de redevabilité. La population estime avoir le droit de savoir ce que sont devenues ces richesses, issues d’une opération présentée comme relevant de l’intérêt public.

En vertu des procédures en vigueur en République démocratique du Congo, les biens saisis dans le cadre d’une lutte contre l’exploitation illégale doivent être : consignés dans un circuit officiel, placés sous scellés, et transférés, après décision judiciaire, soit à leurs propriétaires légitimes, soit dans les comptes du Trésor public, souvent via la Banque Centrale du Congo.

L’absence de communication sur ces différentes étapes fragilise la confiance entre les gouvernants et les gouvernés.

La crédibilité des institutions en jeu

Dans une province où la question de l’exploitation des ressources naturelles reste au cœur des enjeux économiques et sécuritaires, la transparence dans la gestion des produits de saisie apparaît comme un test majeur pour les autorités provinciales.

Plusieurs voix appellent désormais à une mise au point officielle du gouvernorat, du ministère provincial des Mines, du ministère des Finances ainsi que des instances judiciaires compétentes afin d’éclairer l’opinion.

Car au-delà du cas spécifique de cette saisie, c’est la crédibilité de l’action publique dans la lutte contre la fraude minière qui est en jeu.

Le droit de savoir

Pour la population du Sud-Kivu, il ne s’agit pas d’une simple polémique, mais d’une question de bonne gouvernance. La publication d’un rapport clair sur la traçabilité et la destination de ces biens permettrait non seulement de dissiper les doutes, mais aussi de renforcer la confiance envers les institutions provinciales.

En attendant une communication officielle, le dossier reste ouvert dans l’opinion, où l’on continue de réclamer toute la lumière sur ce qui était présenté comme l’une des opérations emblématiques contre le pillage des ressources minières de la province.


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