RDC/ POLITIQUE: Dossier Passeport : Quand la Gouvernance se Heurte à la Souveraineté
La crise de la délivrance des passeports en République Démocratique du Congo ne relève pas uniquement d’un dysfonctionnement technique. Elle révèle des failles profondes dans la gouvernance du pays, où les volontés réformatrices se heurtent à une bureaucratie résistante et à des réseaux de corruption solidement installés.
Entre volonté politique et inertie administrative
La réduction du prix du passeport, mesure saluée par les citoyens, a paradoxalement coïncidé avec l’apparition de retards massifs. Ce paradoxe n’est pas anodin : il découle d’une transition contractuelle mal gérée et d’un système encore gangrené par des pratiques illicites. Ces retards ne sont pas simplement le fruit d’une mauvaise organisation, mais d’un climat où l’inefficacité est entretenue pour nourrir des circuits parallèles de profit.
Face à ce constat, un décret interministériel public, précis et détaillé, s’impose. Il devrait définir sans ambiguïté les responsabilités et les flux financiers entre le ministère des Affaires étrangères, la Direction Générale des Migrations (DGM) et les autres services impliqués. Une telle mesure permettrait non seulement de clarifier la chaîne de commandement, mais aussi de restaurer la confiance des citoyens dans l’État.
Si le nouveau prestataire, Dermalog, incarne une partie de la solution, il ne saurait être l’unique garant de l’efficacité du système. La véritable réponse repose sur la capacité de l’État congolais à reprendre la main sur ce service régalien, à démanteler les réseaux d’extorsion et à instaurer une culture de transparence et de redevabilité.
La question du passeport dépasse l’administration : elle touche à la souveraineté de l’État congolais. Retrouver un système efficace et intègre, c’est assurer à chaque citoyen son droit à l’identité et à la mobilité. C’est aussi affirmer la capacité de la RDC à protéger ses nationaux et à se doter d’outils modernes de gouvernance.
La souveraineté ne se limite pas au politique ou au militaire ; elle est aussi administrative et documentaire. À ce titre, le passeport devient un symbole : celui d’un État capable d’assurer un service essentiel, au bénéfice exclusif de ses citoyens.
La rédaction


