RDC–USA/ COOPÉRATION : 52 projets industriels multi sectoriels validés pour accélérer l’industrialisation du pays
Le gouvernement congolais a confirmé l’élaboration, la validation et l’approbation de 52 projets d’investissements industriels multi sectoriels dans le cadre du partenariat stratégique conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis le 4 décembre 2025 à Washington.
Cette mise au point a été faite par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, lors d’une soirée d’échanges organisée par Makutano Talk au Sultani Hotel de Kinshasa. Devant des opérateurs économiques et plusieurs acteurs du monde des affaires, il a tenu à clarifier les contours de cet accord que certains continuent de réduire à une simple coopération minière.
Selon lui, le partenariat signé entre Kinshasa et Washington vise avant tout à soutenir l’industrialisation progressive de l’économie congolaise à travers plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, l’énergie, l’éducation et le développement du capital humain.
« Ce n’est pas un accord de troc, ni un simple deal minier. C’est un véritable partenariat stratégique avec des ramifications dans plusieurs secteurs », a déclaré le ministre de l’Économie nationale. Il a souligné que l’ambition commune est de permettre à la RDC de sortir progressivement d’un modèle essentiellement extractif pour bâtir une économie industrielle moderne et intégrée aux chaînes de valeur mondiales.
Signé parallèlement à un mémorandum de coopération sécuritaire, l’accord comprend 18 articles ainsi que deux annexes techniques. Il repose sur trois catégories de projets aux mécanismes distincts. La première concerne les réserves d’actifs stratégiques portant sur l’exploitation et la transformation de ressources minières situées sur des gisements libres de tout engagement envers des tiers. Dans ce cadre, la RDC conserve la maîtrise complète de ses réserves tandis que les partenaires américains bénéficient d’un droit de première offre limité dans le temps.
La deuxième catégorie porte sur les projets stratégiques assimilés, qui incluent certaines entités dont la nationalité est assimilable à celle de la partie américaine. D’après Daniel Mukoko Samba, cette catégorie n’a pas encore donné lieu à des discussions concrètes entre les deux parties.
La troisième catégorie, considérée par le gouvernement comme le pilier central du partenariat, concerne les projets stratégiques désignés. Il s’agit d’initiatives identifiées par la RDC comme essentielles à son développement économique à long terme, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures de transport, de l’industrie et de la formation du capital humain.

À ce jour, le gouvernement congolais a soumis une liste de 52 projets qui font actuellement l’objet d’une phase de priorisation avant leur évaluation conjointe avec les autorités américaines. Parmi ces projets figure notamment le Corridor de Lobito, présenté comme un levier majeur pour l’intégration économique régionale et le développement des échanges commerciaux.
Le Vice-Premier ministre a également rappelé l’importance accordée aux grandes infrastructures dans le cadre de ce partenariat. Selon lui, le texte consacre des dispositions spécifiques aux corridors de transport ainsi qu’au projet hydroélectrique Grand Inga, considéré comme l’un des plus ambitieux du continent africain.
La mise en œuvre de l’accord est assurée par un comité de pilotage conjoint composé de cinq représentants congolais et de cinq représentants américains. Lors de sa première réunion tenue le 5 février 2026, ce comité a validé une première liste de sites miniers libres de tout engagement. La partie américaine est désormais appelée à communiquer les sites ayant suscité l’intérêt du secteur privé américain afin d’ouvrir les négociations prévues pour chaque projet.
Daniel Mukoko Samba a insisté sur le rôle déterminant que devra jouer le secteur privé congolais dans la réussite de ce partenariat. Il a estimé que les opérateurs économiques nationaux doivent s’approprier les opportunités offertes par ce cadre de coopération afin de créer davantage de valeur ajoutée localement et contribuer à la transformation structurelle de l’économie congolaise.
Répondant aux interrogations sur le contenu de l’accord, le ministre a tenu à rassurer l’opinion publique en affirmant qu’aucune disposition secrète n’accompagne le texte signé entre les deux pays. Selon lui, les deux annexes jointes au document se limitent à des définitions techniques destinées à clarifier certains termes utilisés dans le partenariat.
Au terme de cette rencontre, les autorités congolaises ont réaffirmé leur conviction que cette coopération constitue une opportunité historique pour accélérer l’industrialisation du pays, moderniser ses infrastructures et renforcer son intégration dans l’économie mondiale. Elles estiment toutefois que le succès de cette initiative dépendra largement de la capacité des acteurs congolais à saisir les opportunités offertes et à les transformer en moteurs de croissance durable.
Par la Rédaction


